Les Grandes Chroniques de France ont constitué, vers la fin du Moyen Age, la plus élaborée et la plus prestigieuse histoire des premiers siècles de notre pays.
Largement diffusées, elles ont suscité des manuscrits somptueux. L´un d'entre eux, commandé par le roi Charles VII, fut enluminé vers 1459 par un peintre illustre : Jean Fouquet.
François Avril, conservateur en chef à la Bibliothèque Nationale, Marie-Thérèse Gousset, attachée au Centre de recherche des manuscrits enluminés de la Bibliothèque nationale, le médiéviste Bernard
Guenée, membre de l'Institut, commente l'oeuvre et la suite des 51 peintures de Fouquet qui font l'objet, pour la première fois d'une reproduction intégrale en fac-similé.
Pour les provinces en conflit avec un pouvoir central souvent arbitraire, parfois abusif, l´épopée de Girart de Rousillon conserve une signification exemplaire. Elle symbolise leur lutte au cours de leur histoire pour préserver leur indépendance puis leur identité.
Héros bourguignon, Girart de Roussillon a été revendiqué par d'autres régions de France, et les nombreux fiefs qu'on lui prête s'étendaient jusqu'à l'Auvergne, la Gascogne et la Provence.
La chanson de geste avait fait rentrer Girart de Rousillon dans la légende. Philippe le Bon, trois siècles plus tard, a voulu lui donner une dimension historique et se pourvoir ainsi d'un prédécesseur illustre en lui consacrant un splendide volume dont les enluminures sont les plus célèbres du Moyen Age.
Ces peintures, qui sont reproduites ici avec une rare fidélité, témoignent de la richesse artistique de la Bourgogne à un des moments privilégiés de son histoire.
C'est de cette province prestigieuse et de son héros mythique que Michel Zink, professeur à la Sorbonne, et Marcel Thomas, ancien conservateur en chef des manuscrits de la Bibliothèque nationale de Paris, nous entretiennent. Tandis que Roger-Henri
Guerrand, dans une adaptation en français moderne de la chanson de geste, met en évidence sa singulière beauté et ses flamboyantes couleurs.