En
imaginant, deux siècles après l'an mille, un nouveau code amoureux
qui s'est révélé un art de vivre, le Moyen Âge a
profondément
marqué notre culture. Si on analyse ce qu'est aujourd'hui le
comportement amoureux, on est conduit à se référer à cette période
où la "fine amour" a changé la vie. Au centre de ce
bouleversement : la femme et son image littéraire. Tenue pour inférieure,
soumise à la volonté masculine, elle devient, par le pouvoir des
poètes, la dame (en latin dominica), celle que l'homme doit
servir afin de conquérir et son
cœur et son corps.
L'amour
courtois bride les passions pour écarter la conquête brutale mais
aussi pour exacerber le désir. Contrairement à ce que l'on croit,
cet amour n'est pas d'intention platonique. Certes, il oppose au désordre
amoureux un rituel de courtoisie, mais celui-ci conduit à la
possession sexuelle.
Quatre
spécialistes du monde médiéval nous font découvrir ce qui fut
une stratégie de la passion et du plaisir : Michel Cazenave,
critique littéraire, producteur à France Culture ; Daniel Poirion,
qui fut professeur à la Sorbonne et directeur du programme des études
médiévales de l'université de Yale (USA) ; Armand Strubel,
professeur à l'université d'Avignon ; Michel Zinc, professeur au
Collège de France où il est titulaire de la chaire de littératures de
la France Médiévale.
L´Art de vivre au Moyen Âge reproduit en fac-similé l'intégralité du Tacuinum sanitatis conservé à la Bibliothèque nationale d'Autriche. Ce manuscrit constitue un document d'une exceptionnelle richesse qui a passionné les chercheurs et leshistoriens d'art.
Recueil de courts préceptes médicaux concernant les plantes, les aliments, mais aussi les diverses occupations de la vie quotidienne le Tacuinum est devenu, par le concours inventif de son illustrateur, un véritable art de vivre où le monde et l'homme sont dans une harmonie qui promet santé, beauté et bonheur. En quelques 200 planches, il donne au lecteur d'aujourd'hui, une idée très concrète de la façon dont
il vivait, aménageait sa maison et s'habillait dans les villes de l'Italie du Nord à la fin du Moyen
Âge.
Deux spécialistes du Moyen Âge nous invitent, en commentant ce manuscrit, à nous souvenir d'un certain art de vivre -et de survivre- en ce temps-là : Daniel
Poirion, professeur honoraire à la Sorbonne, directeur du programme des études médiévales de l'Université Yale (USA), et Claude
Thomasset, professeur de langue française du Moyen Age à la Sorbonne. Un temps où la foi en la nature faisait office de science, où le bonheur n'était pas une quête frénétique mais une suite de moments pleinement ressentis, pris au fil des heures et des jours.
Les miniatures de cet extraordinaire témoignage sur l'Art de vivre au Moyen Âge, reproduites à l'identique apparaissent dans leurs dimensions originales.
Leur fraîcheur, dans la subtilité des transparences du parchemin, dans toutes les nuances de couleurs soumises à l'alchimie des ans.